23 mai 2006
Pixmania:La folle ascension.
Né il y a moins de cinq ans, ce site français est aujourd'hui le numéro 1 européen de la vente en ligne de produits high-tech. Son objectif : devenir le Darty de l'e-commerce.
La vraie force du site se trouve dans son informatique
Après l'ouverture récente à la gamme informatique, le site propose depuis quelques semaines la vente de films en DVD. « Avant l'été, nous lancerons également un département pour les jeux vidéo », assure Steve Rosenblum. Les excellentes performances de l'e-commerce en France lui donnent raison.
Selon la Fevad (Fédération de la vente à distance), les ventes aux particuliers sur internet sont passées de 3,6 à 5,5 milliards d'euros entre 2003 et 2004. Locomotives de cette croissance, les CD, DVD et autres jeux vidéo représentent 60 % des achats. De quoi aiguiser l'appétit des deux jeunes patrons de Pixmania.
Mais la vraie force du cybermarchand se trouve ailleurs. Dans les entrailles du site, là où les internautes ne voient qu'une belle interface aux couleurs vert et violet. « Contrairement à nos concurrents, on a surinvesti dans la technologie, affirme Jean-Emile Rosenblum. Elle est notre savoir caché. Or, même si elle doit rester transparente pour l'utilisateur, c'est la techno qui fait la différence dans l' e-commerce. » Afin d'avoir toujours une longueur d'avance sur leurs rivaux et d'être capables d'offrir les meilleurs tarifs sur une dizaine de milliers de produits, les patrons du site ont compris très tôt qu'il leur fallait se doter d'outils informatiques puissants.
Au coeur du réacteur, le « sniffer » (littéralement « renifleur »). Ce dispositif taillé sur mesure, que les deux boss ont vite rebaptisé « Sniper », leur permet de surveiller quasiment en temps réel tous les prix des principaux sites de vente promotionnelle d'objets high-tech. « On se cale en permanence sur l'offre de nos concurrents directs », insiste Jean-Emile Rosenblum. Dès qu'un produit apparaît moins cher ailleurs, les analystes de Pixmania sont automatiquement alertés.
Derrière leurs rangées d'écrans plats, ils rectifient alors l'offre maison en fonction d'une fourchette de prix définie en amont par la direction. A côté de ce centre de surveillance, d'autres outils de contrôle turbinent vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Rien n'échappe à leur vigilance, ni la fraude des internautes, ni la fluidité de la chaîne logistique.
Autant de métiers intégrés en interne qui permettent à Pixmania de garder un contrôle rigoureux sur son développement. Pari réussi pour les frères Rosenblum, qui ne comptent pas s'arrêter là. Après avoir racheté fin 2004 une société de développement de jeux vidéo, ils préparent une nouvelle version de leur site. La 3D et la vidéo interactive pourraient bien faire leur apparition. Objectif, mieux fidéliser les internautes.
Aujourd'hui, les deux dirigeants de Pixmania l'avouent sans détour : « Nous ne sommes pas des spécialistes, nous voulons juste devenir la Fnac, l'Amazon, le Darty de l'e-commerce européen. » Comme dans le rêve des jeunes pousses des grandes années internet ?
| LES CLÉS L'e-discount va-t-il terrasser le tradi ? Certes les cybermarchands enregistrent des croissances impressionnantes (+ 53% selon la Fevad [Fédération de la vente à distance]). Mais de là à voir le commerce traditionnel terrassé... Il faut apporter trois réserves à cette prophétie : 1. Si les déstockeurs français tels Pixmania, C-Discount (217 millions d'euros), Rueducommerce (190 millions ) ou LDLC.com (144,6 millions) affichent de très beaux résultats, il en va de même pour les versions en ligne de magasins traditionnels. Ainsi, bien qu'il pratique les mêmes tarifs que sa maison mère, le site Fnac.com annonce en 2004 une progression de 52 %. 2. Les prix discount représentent un atout de poids pour le web mais les magasins traditionnels restent tout de même mieux adaptés à l'achat d'impulsion. 3. Le développement en France d'enseignes en dur à prix cassés, comme Planet Saturn (Groupe Mediamark, qui possède aussi Metro), risque également de changer la donne. A terme, il y a fort à parier qu'une consolidation apparaîtra sur le marché des cyber-discounters. En attendant, ces derniers vont être contraints d'élargir leur offre et de se diversifier à la manière d'un Amazon pour trouver de nouveaux relais de croissance. |
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