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22 septembre 2006

Mohed Altrad: le fils du désert au sommet des échafaudages(suite et fin)

 

A l'assaut des marchés étrangers

medium_Mohed1.jpgJusqu'à présent, le groupe a pratiqué l'export à partir de ses bases françaises. Mais il ne s'est pas risqué à faire de la croissance externe à l'étranger. Une prudence due au fait que la spécialité maison, le rachat d'entreprises en faillite, n'est pas exportable en l'état. « C'est un art dont les règles varient fortement d'un Etat à l'autre, explique Mohed Altrad. Avant de faire une offre de reprise dans un pays, il faut maîtriser toutes les particularités locales : connaître les instances qui décident de l'attribution d'une affaire, les critères pris en compte, la période dont disposent les candidats pour faire une offre, les modalités de dépôt d'une candidature, etc. »

Après avoir bien travaillé son dossier, le management d'Altrad effectue sa première acquisition en Allemagne en 1997. « Ensuite nous avons enchaîné les reprises à l'international, indique le PDG. Nous avons fait d'autres opérations en Allemagne, ainsi qu'en Pologne, Slovénie, Espagne, Angleterre, Pays-Bas... » Aujourd'hui, le groupe compte près de 20 filiales à l'étranger, et réalise 50 % de son chiffre d'affaires à l'export. Dans un souci de structuration et d'efficacité, des entités transversales ont été créées, comme Altrad International, dédiée au développement des opérations à l'export, ou Altrad Logistique, chargée d'optimiser les coûts de transport... Grâce à la notoriété de sérieux et de crédibilité qu'il a acquise auprès des instances judiciaires et bancaires dans toute l'Europe, le groupe reçoit un dossier d'entreprise en difficulté par mois. « La seule raison qui empêche Altrad de grossir plus vite, c'est que pratiquement toutes les sociétés à reprendre sont de petite taille », regrette son dirigeant. Mohed Altrad, qui dit être resté un Bédouin dans son coeur, a gardé une caractéristique propre aux nomades : il n'aime pas les limites.

> Objectif prioritaire : améliorer encore la rentabilité
 
Le groupe Altrad est constitué de nombreuses entités, aux performances financières très diverses. Certaines dégagent une excellente rentabilité, d'autres des résultats franchement mauvais. Mécontent de cette situation, Mohed Altrad a engagé depuis quelques années un processus visant à améliorer les résultats du groupe. Notamment en intensifiant les échanges entre filiales « afin que le savoir-faire des plus performantes financièrement bénéficie à toutes les autres ». Cette démarche a déjà permis une importante augmentation de la rentabilité globale, comme le montre le tableau ci-dessous. Elle va être poursuivie en 2006 et les années suivantes, afin de faire d'Altrad à moyen terme « un exemple d'efficience et de rentabilité », selon les souhaits de son PDG.

 

(Chiffres arrêtés au 31 août)

2003

2004

2005

Résultat d'exploitation 4,1 millions d'euros
(3,5 % du CA)
12,1 millions d'euros
(6,6 % du CA

16,7 millions d'euros(8 % du CA)

Résultat net 1,4 million d'euros
(1,2 % du CA)
5,9 millions d'euros
(3,2 % du CA)
10,9 millions d'euros
(5,2 % du CA)

 

 

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