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29 septembre 2006

Services à domicile : créer du lien social.

Aider les personnes âgées à finir leurs jours chez elles, accompagner au quotidien les personnes handicapées, soutenir les familles en situation précaire. Si la palette des services à domicile est large, un seul objectif les rassemble : le lien social.

medium_thumb_agir_servicedomicmilegen_pic02.jpgD'ici trois ans 500 0000 emplois nouveaux devraient venir s'ajouter aux 1,3 millions de postes que comptent actuellement ce secteur dynamique et en voie de professionnalisation.
Quelles qualités avoir pour travailler dans ce secteur ? Comment avoir recours à une association d'aide à domicile ? Le point sur le sujet.

Les services à domicile: un enjeu de société.

Créer 500 000 emplois d’ici 2008 : tel est l’objectif affiché par le plan de développement des services à la personne impulsé par le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo. Le secteur des services à domicile est ainsi perçu comme un formidable gisement d’emplois. Et pour cause, il connaît depuis 15 ans, une croissance annuelle de 5,5%. Chaque année, ce sont près de 70 000 emplois créés et aujourd’hui, ce secteur emploie plus de 1,3 millions de personnes.

Des métiers d'utilité sociale


medium_agir_servicedomicmilegen_03.jpgAide aux personnes âgées ou handicapées, aide aux familles, services d'auxiliaire de vie, aide au retour d'hospitalisation, soins à domicile, garde de jour ou de nuit pour les personnes âgées ou handicapées, portage de repas, courses de proximité, entretien du domicile, repassage, bricolage, jardinage, soutien scolaire, garde d'enfants... la palette des services à la personne est vaste. Les métiers de l'aide à domicile sont des métiers d'utilité sociale et les services proposés par les associations constituées en réseau comme par exemple l'Union nationale d'aide à domicile en milieu rural (UNADMR) , l'Union nationale de l'aide, des soins et des services aux domiciles (UNA) , l'ADESSA ou la Fédération des associations de soins et services à domicile (FASSAD), s'inscrivent dans une logique proximité, de création de lien social et de personnalisation du service rendu.
« Ce sont des emplois de proximité et de lien social qui placent la personne au centre du dispositif. Il faut être à son écoute, tenir compte de ses attentes et à partir de là, mettre en place un service adapté », souligne Janine Rigou Directrice de l'Association d'entraide multiple (AEM) .   « Ce sont des emplois de proximité et de lien social qui placent la personne au centre du dispositif »
 
 Un secteur qui se professionnalise


Si pendant longtemps, les services à domicile furent considérés comme des « petits boulots », les associations qui medium_agir_servicedomicmilegen_pic01.jpgoeuvrent dans ce secteur sont soucieuses d’offrir des services de qualité. Et ceci suppose de recourir à un personnel qualifié. « On pensait qu’il n’y avait pas spécialement besoin d’être formé ou diplômé pour travailler dans ce secteur, explique Anne Launat, Directrice de la Fédération d’Aide à domicile en milieu rural (ADMR) de Paris. Mais ce n’est plus vrai aujourd’hui ! Il s’agit désormais d’être formé et compétent. Depuis quelques années nous travaillons à la professionnalisation de ce secteur ».
Pour Céline Tassart, responsable de secteur et chargée du recrutement à l’AEM, « nous sélectionnons le personnel que nous jugeons apte à suivre le Diplôme d’Etat d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS). On ne fait pas ce métier par hasard. Il faut avoir des compétences, avoir un bon relationnel, aimer la personne âgée, aimer les autres. Il faut savoir se conduire en professionnel, mettre des distances et ne pas dépasser les limites ». En effet, agir à destination de personnes âgées dépendantes, de personnes handicapées physiques ou mentales, ou d’enfants, requiert des compétences tant sur le plan pédagogique, médical que psychologique. Si pendant longtemps, les services à domicile furent considérés comme des « petits boulots », les associations qui oeuvrent dans ce secteur sont soucieuses d'offrir des services de qualité. 
 
 
 
 Un secteur en mutation


Si la demande de services à domicile est surtout dominée par l'aide aux personnes âgées ou handicapées, « avec l'arrivée des enseignes et du Chèque emploi service universel (CESU) nous sommes amenés à développer de plus en plus l'aide au public non-fragilisé. C'est notre avenir », estime Anne Launat. En effet, avec le plan Borloo et le développement des services, l'offre va de plus en plus s'orienter vers les particuliers de manière à les libérer des tâches de la vie courante et leur permettre de mieux concilier vie privée et vie professionnelle. « Nous allons y mettre de plus en plus de contrats aidés : contrat d'avenir, contrat d'accompagnement dans l'emploi. L'ADMR s'est engagée sur trois ans à créer 12 000 emplois, indique Anne Launat. Le Département nous aide dans les plans de formation car dans le cadre de ces contrats, l'objectif est de pouvoir embaucher des personnes non diplômées qui seraient souvent issues du Revenu minimum d'insertion ou d'allocations chômage et qui seraient recrutées en contrat à durée déterminée avec une obligation de formation ».    Avec le plan Borloo et le développement des services, l'offre va de plus en plus s'orienter vers les particuliers de manière à les libérer des tâches de la vie courante et leur permettre de mieux concilier vie privée et vie professionnelle. 
 
 
 
 Stimuler le secteur


Appui au développement des grandes enseignes multiservices, création de l'Agence nationale des services à la personne, du CESU, simplification des tâches administratives et des procédures d'agrément, déductions d'impôts et allègement des charges patronales, soulignent la volonté du gouvernement d'inciter les particuliers à recourir davantage aux services afin de stimuler le secteur et doubler son rythme de croissance. Inciter les particuliers à recourir aux services afin de stimuler le secteur. 
 
 Un secteur d'avenir


medium_agir_servicedomicmilegen_04.jpgPour Anne Launat, « le gouvernement tente de faire ouvrir les portes des citoyens de manière à les libérer des tâches ménagères, et souhaite permettre aux personnes de rester chez elles grâce à l'intervention à domicile, pour éviter les hospitalisations ».
Janine Rigou, elle, considère que le secteur des services à domicile sera amené à se développer car « il y aura de plus en plus de personnes âgées et elles seront d'autant plus exigeantes qu'elles ont connu un certain confort. Il y a aussi une volonté de maintien à domicile par rapport au placement en établissement. Les personnes souhaitent rester à leur domicile et nous devons nous y préparer ».