09 octobre 2006
Comment choisir une association ?
Comment bien choisir une association de services à domicile ? Comment y faire appel ? Par quel biais obtenir des financements ? Les conseils pratiques d’Anne Launat, Directrice de la fédération Aide à domicile en milieu rural (ADMR) de Paris.
Qui a droit aux services d'aide à domicile ?
Tout le monde. Tous ceux qui souhaitent bénéficier d’une intervention peuvent y avoir droit. Les personnes âgées peuvent par exemple bénéficier des services de ménage, de repassage, de courses, de préparation ou de portage de repas, d’accompagnement à l’extérieur ou de téléassistance. Celles qui sont plus dépendantes auront droit en plus, à des aides à la toilette. Pour les personnes handicapées, les services visent à leur permettre de rester chez elles en accomplissant les tâches ménagères, et en les accompagnant dans la vie de tous les jours : aides à la toilette, habillage, démarches administratives, déplacement à l’extérieur…
Quant aux familles nombreuses, il existe des services tels que les gardes d’enfants à temps plein, les sorties d’école ou les aides.
Comment faire appel à une association d'aide à domicile ?
Il existe de nombreuses solutions. Les personnes qui souhaitent avoir recours à une aide à domicile peuvent se renseigner auprès des travailleurs sociaux (comme les assistantes sociales de secteur, des hôpitaux, de la Caisse d’allocations familiales, de la sécurité sociale ou des évaluateurs de la Caisse nationale d’assurance maladie). Il leur est également possible de s’informer via la Mairie ou les Centres locaux d’information et de coordination gérontologiques (les CLIC sont des lieux d’accueil, d’écoute, d’information, de conseil, d’accès aux droits et de coordination de l’action gérontologique). Les personnes peuvent aussi se renseigner par elles-mêmes et prendre directement contact avec l’association de leur choix. Sur le site de l’ADMR par exemple, 3200 associations sont référencées. En fonction de quels critères choisir une association d'aide à domicile ?
En fonction de quels critères choisir une association d'aide à domicile ?
D’une manière générale, il est préférable de faire appel à une association proche de chez soi. C’est plus sympathique et plus pratique. Il faut faire des comparaisons de tarifs car toutes les associations n’ont pas les mêmes taux, et être attentif à la qualité du service rendu, à la qualité de l’accueil, du suivi, des premiers contacts et à la rapidité d’intervention. Il faut voir si l’association intervient 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, et si elle offre le service prestataire (l’association est l’employeur) ou le service mandataire (vous êtes l’employeur). Il ne faut pas hésiter à appeler plusieurs associations et faire son choix.
Quels sont les différents modes de financement des services à domicile ?
La Caisse nationale d’assurance vieillesse peut prendre en charge une partie de l’intervention. Suite à une évaluation et en fonction des ressources, le montant de la prise en charge sera plus ou moins important. Pour les personnes âgées ou handicapées il y a l’aide sociale légale. Il y a aussi l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA). La mutuelle peut, en fonction du contrat, prendre en charge des interventions. Dans le cadre d’une sortie d’hôpital et pour une hospitalisation à domicile, il peut y avoir une prise en charge par l’hôpital. Par l’intermédiaire des comités d’entreprise, les titres emploi services constituent aussi des modes de financement. Ca peut aussi être par le biais d’une caisse de retraite. Les personnes handicapées physiques qui ont entre 18 et 60 ans et qui sont reconnues COTOREP 80%, bénéficient elles aussi, d’une prise en charge de la Direction des affaires sanitaires et sociales, du Conseil Général, ou d’une prise en charge dans le cadre de la prestation de compensation du handicap.
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Auxiliaire de vie : être utile intelligemment.
Dirigée par Janine Rigou, l'Association d'entraide multiple, A.E.M, a pour vocation l'aide à domicile. Créée en 1978, à l'initiative du maire de Mirambeau (17), cette association a permis à Michèle Durand, au chômage depuis deux ans, de suivre une formation, d'obtenir un diplôme et de trouver un emploi stable et épanouissant. Portrait croisé.
Un travail après une période de chômage de deux ans
«J’ai quitté l’école à 14 ans sans diplôme. J’étais au chômage depuis deux ans et je cherchais absolument un emploi », explique Michèle Durand, 49 ans, aujourd’hui auxiliaire de vie à l’A.E.M. Après avoir enchaîné « des dizaines de petits boulots », Michèle entreprend alors des recherches actives pour trouver un emploi stable. Elle frappe à toutes les portes : « je faisais des demandes tous azimuts. Je me suis adressée à la Mairie de Mirabeau et un jour, la directrice de l’AEM, Janine Rigou, m’a convoquée. Pendant l’entretien, ça a tout de suite accroché ». C’était il y a quatorze ans. Depuis, Michèle est fidèle au poste.
« Être capable d'établir du lien social »
Ce qui a séduit Janine Rigou, c’est que Michèle « est une personne qui est capable d’établir un lien social important. Elle avait envie de réussir, de s’en sortir, souligne-t-elle. Quand je lui ai proposé de suivre une formation, elle a de accepté volontiers ». Michèle obtient, à l’époque le Certificat d’aptitude aux fonctions d’aide à domicile (CAFAD) : « c’était mon premier diplôme. Pour moi, ça a été un épanouissement et un enrichissement incroyable ! »
« Un métier à part entière »
Pour Michèle, pas question de qualifier son travail de petit boulot. L’aide à la personne « est un métier à part entière », insiste-t-elle. Ce qui lui plaît dans ce métier ? « C’est le contact humain. On est utile intelligemment et c’est quelque chose de très valorisant. On établit avec les gens une relation de confiance et ça, c’est fondamental. On appartient aussi à un groupe. On n’est jamais seul. Si on a le moindre problème, la structure est présente. On n’est pas lâché dans la nature : on est encadré ». Ce qui lui plaît dans ce métier ? C'est le contact humain.
« Des emplois de proximité et de lien social »
« On ne fait pas cet emploi pour avoir un salaire en fin de mois, pointe Janine Rigou. L’aide à domicile est une passion, poursuit-elle. Ce sont des emplois de proximité et de lien social. La personne est au centre du dispositif. Il faut avoir envie d’aider une personne âgée, savoir être à l’écoute ».
Aujourd’hui, Michèle a trouvé sa voie : « j’irai jusqu’au bout, jusqu’à la retraite. Je voudrais dire que c’est un travail que l’on fait à fond. On le fait avec son cœur et avec ses tripes, mais il faut aussi, quand on part de chez la personne, savoir couper. Il faut savoir prendre du recul ».
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28 septembre 2006
Services à domicile : créer du lien social.
Aider les personnes âgées à finir leurs jours chez elles, accompagner au quotidien les personnes handicapées, soutenir les familles en situation précaire. Si la palette des services à domicile est large, un seul objectif les rassemble : le lien social.
D'ici trois ans 500 0000 emplois nouveaux devraient venir s'ajouter aux 1,3 millions de postes que comptent actuellement ce secteur dynamique et en voie de professionnalisation.
Quelles qualités avoir pour travailler dans ce secteur ? Comment avoir recours à une association d'aide à domicile ? Le point sur le sujet.
- Lire l'article Comment choisir une association ?
- Lire l'article Auxiliaire de vie : être utile intelligemment.
Les services à domicile: un enjeu de société.
Créer 500 000 emplois d’ici 2008 : tel est l’objectif affiché par le plan de développement des services à la personne impulsé par le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo. Le secteur des services à domicile est ainsi perçu comme un formidable gisement d’emplois. Et pour cause, il connaît depuis 15 ans, une croissance annuelle de 5,5%. Chaque année, ce sont près de 70 000 emplois créés et aujourd’hui, ce secteur emploie plus de 1,3 millions de personnes.
Des métiers d'utilité sociale
Aide aux personnes âgées ou handicapées, aide aux familles, services d'auxiliaire de vie, aide au retour d'hospitalisation, soins à domicile, garde de jour ou de nuit pour les personnes âgées ou handicapées, portage de repas, courses de proximité, entretien du domicile, repassage, bricolage, jardinage, soutien scolaire, garde d'enfants... la palette des services à la personne est vaste. Les métiers de l'aide à domicile sont des métiers d'utilité sociale et les services proposés par les associations constituées en réseau comme par exemple l'Union nationale d'aide à domicile en milieu rural (UNADMR) , l'Union nationale de l'aide, des soins et des services aux domiciles (UNA) , l'ADESSA ou la Fédération des associations de soins et services à domicile (FASSAD), s'inscrivent dans une logique proximité, de création de lien social et de personnalisation du service rendu.
« Ce sont des emplois de proximité et de lien social qui placent la personne au centre du dispositif. Il faut être à son écoute, tenir compte de ses attentes et à partir de là, mettre en place un service adapté », souligne Janine Rigou Directrice de l'Association d'entraide multiple (AEM) . « Ce sont des emplois de proximité et de lien social qui placent la personne au centre du dispositif »
Un secteur qui se professionnalise
Si pendant longtemps, les services à domicile furent considérés comme des « petits boulots », les associations qui
oeuvrent dans ce secteur sont soucieuses d’offrir des services de qualité. Et ceci suppose de recourir à un personnel qualifié. « On pensait qu’il n’y avait pas spécialement besoin d’être formé ou diplômé pour travailler dans ce secteur, explique Anne Launat, Directrice de la Fédération d’Aide à domicile en milieu rural (ADMR) de Paris. Mais ce n’est plus vrai aujourd’hui ! Il s’agit désormais d’être formé et compétent. Depuis quelques années nous travaillons à la professionnalisation de ce secteur ».
Pour Céline Tassart, responsable de secteur et chargée du recrutement à l’AEM, « nous sélectionnons le personnel que nous jugeons apte à suivre le Diplôme d’Etat d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS). On ne fait pas ce métier par hasard. Il faut avoir des compétences, avoir un bon relationnel, aimer la personne âgée, aimer les autres. Il faut savoir se conduire en professionnel, mettre des distances et ne pas dépasser les limites ». En effet, agir à destination de personnes âgées dépendantes, de personnes handicapées physiques ou mentales, ou d’enfants, requiert des compétences tant sur le plan pédagogique, médical que psychologique. Si pendant longtemps, les services à domicile furent considérés comme des « petits boulots », les associations qui oeuvrent dans ce secteur sont soucieuses d'offrir des services de qualité.
Un secteur en mutation
Si la demande de services à domicile est surtout dominée par l'aide aux personnes âgées ou handicapées, « avec l'arrivée des enseignes et du Chèque emploi service universel (CESU) nous sommes amenés à développer de plus en plus l'aide au public non-fragilisé. C'est notre avenir », estime Anne Launat. En effet, avec le plan Borloo et le développement des services, l'offre va de plus en plus s'orienter vers les particuliers de manière à les libérer des tâches de la vie courante et leur permettre de mieux concilier vie privée et vie professionnelle. « Nous allons y mettre de plus en plus de contrats aidés : contrat d'avenir, contrat d'accompagnement dans l'emploi. L'ADMR s'est engagée sur trois ans à créer 12 000 emplois, indique Anne Launat. Le Département nous aide dans les plans de formation car dans le cadre de ces contrats, l'objectif est de pouvoir embaucher des personnes non diplômées qui seraient souvent issues du Revenu minimum d'insertion ou d'allocations chômage et qui seraient recrutées en contrat à durée déterminée avec une obligation de formation ». Avec le plan Borloo et le développement des services, l'offre va de plus en plus s'orienter vers les particuliers de manière à les libérer des tâches de la vie courante et leur permettre de mieux concilier vie privée et vie professionnelle.
Stimuler le secteur
Appui au développement des grandes enseignes multiservices, création de l'Agence nationale des services à la personne, du CESU, simplification des tâches administratives et des procédures d'agrément, déductions d'impôts et allègement des charges patronales, soulignent la volonté du gouvernement d'inciter les particuliers à recourir davantage aux services afin de stimuler le secteur et doubler son rythme de croissance. Inciter les particuliers à recourir aux services afin de stimuler le secteur.
Un secteur d'avenir
Pour Anne Launat, « le gouvernement tente de faire ouvrir les portes des citoyens de manière à les libérer des tâches ménagères, et souhaite permettre aux personnes de rester chez elles grâce à l'intervention à domicile, pour éviter les hospitalisations ».
Janine Rigou, elle, considère que le secteur des services à domicile sera amené à se développer car « il y aura de plus en plus de personnes âgées et elles seront d'autant plus exigeantes qu'elles ont connu un certain confort. Il y a aussi une volonté de maintien à domicile par rapport au placement en établissement. Les personnes souhaitent rester à leur domicile et nous devons nous y préparer ».
23:05 Publié dans Actions solidaires. | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : cadeau partage, commerce équitable, cadeau solidaire, bénévolat